Le Corps à L'ouvrage

Le Corps à L'ouvrage

4.5/5

Présentation de l'éditeur Le travail au quotidien, à la mine, en usine ou en atelier, est une expérience qui s’inscrit dans le corps et le marque, parfois avec violence. L’apprentissage des gestes et des postures, la maîtrise du rythme ou le vertige de la vitesse le forment en le pliant aux habitudes. La lumière, le bruit, la chaleur le plongent dans un univers de sensations envahissantes. À l’épreuve d’objets, d’outils ou de substances dangereuses, il garde trace de blessures, de maladies, d’accidents. Enfin, le contact avec les autres, la promiscuité des odeurs et des humeurs, mais aussi l’exhibition de la virilité et les jeux de séduction, lui assignent un espace de perceptions intimes.  Pour restituer au plus près ce corps à l’ouvrage, Thierry Pillon a utilisé une étonnante série de récits, de témoignages et d’autobiographies rédigés depuis le début du xxe siècle. Ils sont précis, troublants, terribles par moments. On y découvre, par exemple, ces jeunes mineurs qui restent seuls au bal tant ils transpirent noir, le piquant irritant des cristaux sur la peau des femmes dans une usine de sucre, les métaphores guerrières pour dire le bruit, mais aussi la beauté des usines et leur silence à l’arrêt des machines, la provocation insolente des blagues sexuelles ou le besoin de caresse de ces corps meurtris.  Attentif et rigoureux, Thierry Pillon analyse à la fois les continuités et les ruptures dues aux changements techniques ou aux évolutions des sensibilités. C’est tout un monde ouvrier en mouvement qui s’incarne sous sa plume. Extrait Écrire Entre 2006 et 2007, Sylviane Rosière, ouvrière dans un atelier d'usinage mécanique, a tenu un journal quotidien. Elle utilise Internet pour envoyer ses impressions sur les petits riens de la vie au travail : les relations aux autres, les difficultés financières, les brimades du chef, les inquiétudes sur le maintien de l'emploi dans la région, mais aussi les sensations physiques, l'odeur, la chaleur, la fatigue de l'usine. Elle publiera ce journal en 2010. En 1937, soixante-dix ans auparavant, un mineur belge, Constant Malva, tenait lui aussi la chronique de ses journées de travail. Il témoignait également de ces événements ordinaires : une dispute, la fatigue, l'argent, le découragement, puis l'ambiance si particulière de la mine, ses odeurs, le bruit dans les galeries, la poussière en suspension. Sylviane Rosière ne fait pas référence à Constant Malva. On ne sait pas si elle a lu son journal. Elle ne parle que d'elle et de ses compagnons de travail, de leur usine, au jour le jour. Mais tous les deux, une femme du XXIe siècle et un homme du début du XXe, appartenant à des mondes sociaux et professionnels si différents, nous donnent à voir au plus près ce qu'est le travail en acte. Les manières de faire, de s'engager dans les gestes, de ressentir, de percevoir, bref toute une phénoménologie de l'activité nous met au coeur de l'expérience corporelle du travail ouvrier. Ces deux textes s'inscrivent dans une histoire des témoignages, des autobiographies, des récits de vie. Tout au long du XXe siècle, en effet, des ouvriers ont cherché à traduire, sous des formes différentes, leur expérience du travail. Ces textes sont très divers. Certains écrits par des ouvriers, qualifiés et fiers de leur métier - celui de mécanicien de locomotive à vapeur, par exemple, ou de chaudronnier. Textes écrits par des hommes ayant fait, au contraire, tous les métiers, de manoeuvre à O.S. Textes de mineurs, de loin les plus nombreux, qui ont voulu témoigner de leurs conditions de travail et de vie si singulières. Mais aussi textes d'intellectuels ou de prêtres ayant fait un temps l'expérience du travail en usine. Textes d'hommes pour l'essentiel, mais aussi témoignages de femmes, ouvrières du début du XXe siècle ou des années les plus récentes. Certains auteurs se sont inscrits dans des courants politiques et culturels ; c'est le cas de tous ceux qui se rattachent de près ou de loin au mouvement de la «litt

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